| L’insécurité alimentaire ! |
| Soumis par admin le Jeu, 08/04/2010 - 18:47 |
Les évaluations faites par les services concernés par les alertes précoces d’insécurité ne correspondent pas toujours à la réalité du pays. En Mauritanie deux familles sur cinq vivant en ville sont affectées par l’insécurité alimentaire. A Nouakchott comme dans d’autres grandes villes de la Mauritanie, les catégories vulnérables sont en constante augmentation Dans la campagne aucune famille n’est épargnée par une crise chronique. Il faut toujours attendre que le chaos s’installe dans le pays pour prendre des mesures d’urgence. Et quelles mesures ? Deux institutions publiques à vocation de lutter contre la pauvreté disposant des moyens nécessaires ne sont pas en mesure de venir à bout de l’insécurité. Le CSA et le commissariat aux droits de l’homme à l’action humanitaire ne sont pas à la hauteur de leur mission. Plus flagrant, ces deux grandes institutions engloutissent leurs budgets dans des missions, des études sans importance, des ateliers qui coûtent plus chers et sans aucun impact sur la vie des populations ciblées. Les bilans présentés par le gouvernement en matière de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté sont loin de refléter la réalité car il est de notoriété publique que les chiffres sont manipulés pour justifier des requêtes de financement. Le gouvernement fidèle à ses habitudes n’a d’autres solutions en cas de menace de famine que de déployer des missions d’explication suivies dans le meilleur des cas de distributions de quelques kilos de denrées alimentaires stockées depuis plusieurs mois dans les magasins du CSA. Le plus souvent ces commandes de produits sont avariées. L’action du gouvernement est constamment relayée par les organisations internationales comme le PAM, la FAO, l’UNICEF ainsi que des ONG spécialisées dans l’aide humanitaire. Le manque voire l’absence de mécanismes de prévention des crises alimentaires est un facteur aggravant l’extension de l’insécurité alimentaire en Mauritanie. Cette année les paysans ont enregistré des productions très faibles. Même les zones réputées être les greniers du pays n’ont pas réalisé mieux que les années passées. La riziculture est dans l’impasse. Les agriculteurs de l’irrigué attendent la levée du blocus après une campagne sacrifiée et une autre qui approche et qui ne promet pas. Des milliers de familles qui dépendaient du riz paddy sont dans une situation affligeante. Ils n’ont plus de réserves dans les magasins pour faire face à leurs besoins en nourriture. Au mois d’avril la situation risque de s’aggraver si des actions urgentes et significatives ne sont pas entreprises dans les plus brefs délais pour venir à la rescousse des pauvres. Les cas de malnutrition sévères ont commencé à être signalés dans certaines localités du pays. Une telle situation favorise la propagation de maladies. Les autorités sanitaires et sociales doivent être en alerte maximale pour faire face à ces phénomènes récurrents qui frappent le pays. Au lieu d’attendre que les choses se compliquent, il faut agir à temps et vite. Cheikh Tidiane Dia » Retour |









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