A la loupe : crise politique

Aujourd’hui chaque mauritanien doit tirer les leçons des événements malheureux que le pays a connus pour éviter de le replonger dans le chaos. L’expérience de certains pays doit faire réfléchir tout un chacun. Si une crise ne trouve pas une solution de l’intérieur, il n’y a pas lieu de compter sur les autres pour la résoudre. Toute démarche de ce type ne relèverait que d’un simple formalisme.

D’ailleurs, c’est une règle sacro-sainte en vertu de laquelle les principes de souveraineté doivent être respectés et que nul pays ne doit s’ingérer dans les problèmes d’un autre pays. C’est en tout cas ce qui est jusque-là observé. Les sanctions qui ont été prononcées à l’encontre de certains membres de la junte et de ses soutiens l’ont été en conformité avec les normes de l’UA.

Le problème, aujourd’hui, n’est pas tant d’évaluer les rapports de force entre les belligérants que de voir à quel niveau se situe le blocage en vue de trouver les remèdes actifs pour soigner le mal. Il ne sert à rien de multiplier des initiatives pour ou contre l’un où l’autre des camps en conflit. Cela ne fait qu’endurcir les positions et prédisposer à la confrontation.

Tout comme il ne sert à rien de sortir une proposition de sortie de crise si derrière cette démarche se cache une volonté d’écarter son adversaire pour se placer. Finalement chacun tente de sou mariner l’autre et de se placer. Le Général ne veut pas entendre parler de compromis parce qu’il considère qu’en l’acceptant, il se compromettrait. Le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi ne veut pas céder sa légitimité au profit d’un homme qui s’est imposé par la force.

Le Fndd le conforte dans cette position inébranlable. De leur côté, les soutiens de la junte encouragent le Général à se présenter à une élection dont ils sont sûrs qu’il sortira vainqueur. Ahmed Ould Daddah est devant un dilemme. En se présentant, il risque de perdre une bataille à laquelle il n’est pas préparé.

En ne se présentant pas, il perdrait une bonne partie de ses camarades qui cherchent la moindre brèche pour nomadiser ailleurs. Le colonel Ely Ould Mohamed Vall veut jouer au troisième larron en se tenant autant que possible à l’écart des différents acteurs en conflit. Ses incessants déplacements à l’étranger font dire à bien des commentateurs que l’ancien chef du Cmjd prépare le terrain pour son retour au pouvoir.

En somme, les intérêts personnels des uns et des autres parmi les différents protagonistes politiques, loin de favoriser un climat propice au dialogue, ne font que monter les surenchères au grand dam du peuple abandonné à son triste sort.

 

CTD

 



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