Ely Ould Moctar.jpg
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Germaneau et Edwin Dyer.JPG
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Alors que l’opinion suivait avec attention l’affaire du gendarme enlevé, évitant par le silence général et la retenue des complaintes de sa famille de brouiller les cartes à des autorités déterminées à ne pas manifester des signes de faiblesses devant Aqmi, Nouakchott vient de lever tout équivoque sur ce triste sort, en affirmant publiquement, à l’occasion de la réunion des pays du Champs, qu’elle ne négociera point avec les terroristes.Une décision courageuse qui peut toutefois être fatale pour Ely Ould Moctar, dont la libération est conditionnée par l’organisation terroriste par la relaxe de deux salafistes incarcérés en Mauritanie.
Si le pouvoir mauritanien n’est absolument pas disposé à accéder à l’une des revendications d’Aqmi, il a sans doute peser le pour et le contre de cette ferme décision, dont l’expérience montre qu’elle n’est pas la mieux indiquée pour sauver la vie d’otages aux mains de l’organisation, surtout que la Mauritanie a maintenant le sien, en la personne du gendarme Ely Ould Moctar dont le sort ne fera que se compliquer dans les prochains jours.
En effet, cette détermination du pouvoir mauritanien à ne pas céder aux menaces et à refuser le paiement de rançons ou encore à échanger des détenus, rappelle à bien des égards les exécutions des otages français Michel Germaneau en 2010 et avant lui le britannique Edwin Dyer assassiné en 2009, suite à l’expiration de l’ ultimatum fixé par AQMI à l’époque, pour la libération de l’islamiste radical jordanien, Abou Katada, détenu en Grande-Bretagne depuis 2005. On se souvient, que si pour le premier, le sort était mystérieux, ce n’est le cas du londonien dont Aqmi avait tenté en vain de vendre, rien que le corps aux services britanniques pour un prix considérable (300.000 livres), fournissant, les preuves photo et vidéo qu'elle avait en sa possession.
Nouakchott a vu récemment défilé la photo de Ould Moctar, fort heureusement en vie, mais suppliant ces ravisseurs de l’épargner et de ne pas le tuer. Des implorations qui doivent avoir leurs raisons, que seul le gendarme voit dont ces kalachnikovs et mitrailleuses chargés sous ses yeux et brandis sur sa tête.
Autant se demander qu’adviendra du pauvre gendarme si la seule pour sortir de ce guêpier, en l’occurrence la libération des deux salafistes détenus par Nouakchott est inadmissible pour le régime comme d’ailleurs toute autre concession.
En ce qui concerne les propos tenus par le ministre des affaires étrangères et de la coopération Hamadi Ould Hamadi sur cette décision aux avantages considérables, mais aux inconvénients aussi grands, toute négociation avec les terroristes est exclue. Le ministre qui s'exprimait en marge de la cérémonie de clôture du sommet des pays du champ (Algérie, Mali, Mauritanie et Niger), a souligné que « le gendarme enlevé est un soldat comme tous les soldats mauritaniens, donc engagé volontaire pour défendre son pays avec tous les risques que cela comporte, à l'image de tous ceux qui ont payé de leur vie en défendant leur patrie face aux bandes terroristes ». Un langage qui pourrait les émirs d’Aqmi à la gâchette facile, surtout quand ils sont irrités et que conscients de la plaie saillante de leur cible, ils tirent dessus. Prions pour que Ould Moctar, enlevé en novembre dernier à Addel Begrou par des éléments terroristes s’en sort indemne de ce bras de fer entre Aqmi et le pouvoir mauritanien.
Md O Md Lemine