| Aziz et le gouvernement : Le calme qui précède la tempête |
| Soumis par admin le Mar, 02/02/2010 - 10:51 |
L’équipe gouvernementale n’a que 6 mois et voilà que déjà elle est usée. Elle a perdu complètement son souffle et ne pourrait donc plus répondre aux attentes des populations à l’affût d’un changement tant attendu et qui laisse les citoyens dans l’expectative. Les circonstances atténuantes qui pouvaient être accordées à une équipe sont largement épuisées pour donner quelques excuses à ces hommes qui se sont illustrés par leur impassibilité face à une grogne sociale qui sort des bas –fonds de la misère et de la précarité dans un pays où le revenu par tête d’habitant est des plus faibles et où le coût de la vie est disproportionné par rapport au niveau des salaires. C’est moins d’un changement simple de têtes que les mauritaniens ont besoin que d’un véritable curetage des toutes les écuries d’Augias. C’est d’une équipe de jeunes ou de vétérans peu importe l’âge, que le peuple réclame la venue urgente. L’essentiel est d’avoir des cadres compétents et intègres en mesure d’insuffler une nouvelle énergie dans une machine complètement grippée. Il ne sert à rien de maintenir des stéréotypes qui font plus perdre du temps que d’accompagner un programme aussi ambitieux qui requiert un savoir et un savoir-faire. Autant Mohamed Ould Abdel Aziz qui tient entre les mains les clés des décisions ne doit débaucher ceux qui sont capables de faire tourner le moteur, autant il ne doit au nom d’une stabilité stérile, continuer à s’entourer d’un dispositif inefficace. Sinon pourquoi en 6 mois les choses tournent en rond. Qui, à la place de ces hommes et de ces femmes doit contribuer à améliorer le quotidien des mauritaniens. Chaque ministre a sa lettre de mission. Il n’a pas besoin d’attendre des ordres pour se mettre à traduire dans les faits à la mesure de ses possibilités son plan d’action. Nos ministres n’ont jamais et ce, dans tous les régimes antérieurs été de véritables leviers de vitesse. Cette habitude ne doit pas être perpétuée éternellement par les dirigeants de ce pays. Le profil d’un homme à la dimension d’un ministre doit être bien choisi en fonction de critères plus technocratiques que politiques. Le sens du dévouement et du patriotisme n’est pas forcément favorisé par l’inféodation à un parti. Aziz gagnerait mieux à composer avec des cadres pétillants de vie et d’idées plutôt qu’avec des individus dociles et incapables de regarder les yeux dans les yeux un président qui a aujourd’hui plus besoin de conseils, d’orientations et d’initiatives que de courbettes. De même, un chef de gouvernement est un personnage de premier plan, un meneur de jeu capable à chaque fois de constater des failles et de rappeler ses hommes à la rigueur. Ce qui est loin d’être le cas pour une équipe crispée et incapable de se déployer sur le terrain. En visitant les locaux des ministères, on ne sent pas une ambiance de travail. L’ombre du ministre ne plane nulle part dans les bureaux. C’est à peine si la présence ou les absences sont signalées. Tous les motifs d’un chambardement sont réunis pour que Mohamed Ould Abdel Aziz sorte de sa réserve et de son assurance injustifiée pour procéder dans les meilleurs délais à la constitution d’un nouveau gouvernement où ne seront retenus que ceux qui répondent aux seuls critères de compétences. Chaque département doit être géré par celui dont les qualités correspondant à sa formation. A l’agriculture un agronome, aux finances un financier, à la fonction publique un cadre de développement, à l’enseignement un instituteur ou un professeur ; à la santé un médecin ou pourquoi pas même un simple infirmier, à la justice un juriste de préférence un privatiste ; à la pêche un cadre du domaine etc. C’est dans ces conditions que les petits bonds deviendront des pas de géants. Mohamed Ould Abdel Aziz à lui seul ne peut mettre en œuvre le programme de son quinquennat sans des hommes non pas soumis à ses ordres mais en mesure de lui soumettre des propositions et des actes concrets et rapides. En somme c’est à l’aune des résultats que se mesurent les hommes. La lenteur d’une équipe est le signe le plus visible de son immobilisme. Tel est le constat autour duquel au moins la plupart des mauritaniens sont unanimes. Amadou Diaara » Retour |









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