Ces ramasseurs de trucs
L’image d’enfants à bas age conduisant des charrettes à la recherche du moindre objet en métal ou en plastique est révélatrice de la situation de misère qui frappe beaucoup de ménages mauritaniens. Ces enfants se livrent à une activité lucrative pour aider leurs familles à survivre. Sillonnant les endroits insalubres, ils mettent tout objet qu’ils prennent dans la charrette. Le contenu de leur chargement sera destiné à la vente profitant plus à ces commerçants de ferraille qui ont investi la filière transfrontalière de chaudronnerie. Aux enfants les miettes après tant d’efforts déployés pour alimenter le réseau de trafic très actif qui s’est développé de manière rapide ces dernières années ; et aux acheteurs les gros bénéfices. Ces enfants gagnés par ce commerce de pacotille sont souvent brutalisés dans leurs randonnées par des garagistes qui les prennent la main dans le sac en train de s’emparer de leurs matériaux précieux laissés dans les garages. Ils sont considérés comme de petits larcins exposés à tous les dangers. Mais cela ne les dissuade pas de continuer une activité où ils sont soumis à rude concurrence par des adultes qui les menacent et qui n’hésitent pas à les exproprier de toute la collecte de la journée. Leurs parents se soucient plus à compter les gains apportés qu’ils ne mesurent les risques auxquels sont exposés leurs enfants. C’est le lot de ces jeunes âmes qui n’ont pas eu la chance de faire des études et dont l’avenir est compromis.