Déchets toxiques en plein désert mauritanien !

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Dans beaucoup de cas avérés, les pistes se brouillent et les enquêtes piétinent. Les auteurs présumés de drogue arrivent le plus souvent à passer les mailles du filet. Ceux des attaques terroristes échappent à la vigilance des forces de sécurité. La Mauritanie plaque tournante de la drogue, base arrière de Aqmi s’est illustrée maintenant comme pays –poubelle des déchets toxiques de l’Europe avec cette découverte de sites géants d’enfouissement de déchets en plein désert à ciel ouvert.

Les responsabilités doivent être situées dans les plus brefs délais et la justice rendue à qui de droit. Cette situation doit surtout pousser à s’interroger sur la présence des sociétés minières en Mauritanie. L’état semble ignorer ou sous-estimer les dangers qui résultent des émissions de gaz et autres éléments chimiques et radioactifs qui émanent des usines.

Les effets nocifs sur l’environnement et la santé de l’homme sont relégués au second plan au profit de bénéfices immédiats que le trésor public tire de ces sociétés. C’est à ce prix que nos produits halieutiques sont bradés par des flottes hyper équipées disposant comme elles veulent de nos richesses maritimes. L’exploitation du pétrole offshore est la pire des menaces qui pèsent sur notre écosystème maritime.

Une étude des impacts de l’exploitation du brut sur l’environnement avait été faite par des experts de Woodside. De l’avis de certains spécialistes de ces questions, le document présentait d’énormes failles volontaires. Ce qui en dit long sur le laisser –aller qui sévit dans le secteur de l’exploitation des ressources naturelles nationales.

Cette situation est aussi favorisée par la cupidité de nos hommes d’affaires actionnaires dans des consortiums ne respectant ni les clauses, ni les cahiers de charges ni la législation nationale. L’état mauritanien est le plus grand perdant dans ces marchés de dupe signés à tort à travers. Une police de contrôle des exploitations minières est nécessaire pour prévenir contre des abus de ce genre.

Il est inadmissible que telles choses graves se produisent dans un pays et de surcroît à ciel ouvert sans éveiller le moindre soupçon de la part des services de contrôles routiers. C’est à croire que ceux qui ont piloté cette vaste opération rocambolesque menée pendant plus de deux semaines de largage des déchets toxiques par des camions ont eu l’autorisation expresse des autorités environnementales du pays.

Cela donne désormais à chaque mauritanien une idée du danger qui le guette et de la précarité de sa santé face à de telles pratiques criminelles. L’exemple des déchets toxiques jetés en pleine mer et ayant causé plusieurs morts en Cote –d’ivoire doit attirer notre attention sur la gravité de ce phénomène.

Si pour le moment le soupçon pèse sur Total dont les activités douteuses sont connues en Afrique et dont les financements occultes de réseaux mafieux sont indéniables, il y a lieu de voir aussi du côté de « Tasiasat » qui se défend en jetant la responsabilité sur Total. Les arguments avancés ne sauraient le protéger contre un scandale écologique aux conséquences incalculables. L’Etat doit sortir de sa réserve pour ouvrir immédiatement une enquête et situer les responsabilités.

Cheikh Tidiane Dia



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