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A l’instar du monde entier les travailleurs mauritaniens ont célébré la journée du 1er mai. Une manifestation qui intervient cette année encore dans un contexte de malaise social marqué par une montée en spirale des prix, une poussée revendicative des syndicats mauritaniens et une absence de dialogue entre le pouvoir et l’opposition .

Les défilés annuels, les discours et les banderoles ont occupé le décor de cette retrouvaille. Sur le plan de l’organisation le 1er mai est loin de tenir le pari de la cohésion intersyndicale. Les marches ont eu lieu dans un ordre dispersé pour se volatiliser sous une journée pourtant clémente.

Les grandes marches motorisées n’ont pas été au rendez-vous comme cela se faisait autrefois par les centrales proches du pouvoir. En revanche dans le contenu la verve syndicale n’a pas perdu sa force. C’est la seule raison d’être de cette célébration de la fête des travailleurs tombée en week-end.

La coordination intersyndicale regroupant la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM), l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM) et la Confédération Nationale des Travailleurs de Mauritanie (CNTM) a demandé au gouvernement, en marge de la fête du 1ier mai, de mettre en œuvre des programmes appropriés de développement avec la participation de toutes les forces vives du pays.

Dans une plateforme revendicative, ces centrales syndicales ont exigé entre autres l’ouverture dans les meilleurs délais du dialogue social tripartite (Etat, syndicat et patronat) et l’augmentation des salaires de 50% pour toutes les catégories de travailleurs tant du public que du privé pour faire face à la cherté de la vie.

La coordination intersyndicale espère également que les pouvoirs publics exigent des multinationales opérant dans les secteurs stratégiques de l’économie nationale l’ouverture d’écoles professionnelles à certaines qualifications pointues pour développer l’expertise nationale, la mise en place d’une politique de logement social décent qui permet à chaque travailleur d’avoir un toit, l’autonomie du régime de protection social des fonctionnaires, la baisse des prix du gaz, de l’eau, du carburant, et de l’électricité.

Les centrales syndicales ont profité du 1ier mai pour tirer la sonnette d’alarme sur le plan politique et économique. A cet effet, elles ont exprimé leur inquiétude au sujet de la réduction des investissements extérieurs, du manque de visibilité en matière de planification stratégique dans le domaine économique, de la régression des activités du secteur touristique, la chute des matières premières et les difficultés financières que rencontre le secteur bancaire.

Ce qui a amené du coup les responsables de ces différentes centrales syndicales de prédire un recul de la croissance si des mesures efficaces ne sont pas entreprises par les pouvoirs publics.

D’ailleurs, dans sa plateforme revendicative, la coordination intersyndicale a appelé le gouvernement et le patronat à ouvrir très rapidement des négociations entre les partenaires sociaux dans le cadre d’un dialogue franc et sincère. Pour la CGTM, l’UTM et la CNTM, la balle est désormais dans le camp du gouvernement. Déjà, de leur côté, on menace de récidiver la grève générale des 15, 16 et 17 mars si le gouvernement refusait de nouveau d’ouvrir des négociations autour des primes de transport et de logement.

Sur la question des travailleurs victimes des évènements de 1989, le passif humanitaire, la question linguistique et de l’éducation, les centrales syndicales ont mis en garde le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz de vouloir les régler de manière exclusive dénonçant également que celui-ci se soit engagé dans une logique de gestion unilatérale des affaires du pays.

Revenant sur la loi de finances 2010 adoptée par le gouvernement, la coordination intersyndicale a déclaré qu’elle n’a pas apporté de grands changements en ce qui concerne la détérioration du pouvoir d’achat des travailleurs et des populations et la flambée des prix des denrées de première nécessité et des services sociaux de base.

Babacar Baye NDIAYE