Falsification de billets de banques : quand la police démontre le fonctionnent de la machine

Nous avons du mal à savoir si nos services de sécurité font la différence entre la sensibilisation contre des actes répréhensibles et le conditionnement à l’exercice de telles pratiques.

Manque de formation ou amateurisme qui frise l’autosatisfaction de certains de nos responsables policiers qui se prêtent en toute liberté aux caméras de télévision pour présenter à l’opinion les prouesses de la police dans des opérations de démantèlements de réseaux illicites.

Si la moisson est bonne on invite la télévision à filmer des larcins présentés comme des bandits de grand chemin. Le porte-parole de la police s’emploi avec tous les détails à reconstituer les éléments du puzzle d’une bande de voyous qui semait la terreur dans la ville et qui a été appréhendée grâce à « la vigilance du commissariat de la moughataa. »

Les « junks » sont montrés les mains ligotées et les têtes au mur comme pour servir d’exemple aux autres qui doivent se préparer à passer dans le « niouf » au cas où ils continuent dans la délinquance.

Une dissuasion qui laisserait bien indifférentes ces gangs aguerries qui connaissent la prison comme n’importe quel récidiviste. Ces sorties sporadiques qui ont au moins l’avantage d’alimenter les programmes de la TV en faits divers sont concevables en certains temps.

Mais ce qui semble sortir du cadre de la déontologie et du professionnalisme c’est quand un commissaire de police en charge de lutte contre la falsification d’argent se met sous les lumières des caméras à expliquer à l’aide d’une machine à fabriquer des sous comment procèdent les faussaires pour rouler leurs clients.

Un exercice qui conviendrait mal à un commissaire qui se met dans la peau de malfaiteurs dont la recombinaison des gestes en plein exercice de leur métier ne mérite pas d’être reproduite avec une telle fidélité par des hommes dont la mission est de sévir contre des réseaux mafieux dont les méthodes doivent plus être punies que démontrés par l’exemple .

Comble d’ironie certains téléspectateurs pensaient que c’’tait une de ces scènes comiques de la troupe des comédiens très suivis à la TV. Le rôle de la police n’est pas de simuler les actes punissables par la loi mais de les récriminer.

Il y a du matériel saisi des mains des criminels dont l’exhibition pourrait donner des idées à certains comme ce fut le cas pour une machine à fabriquer des sous avec toutes les étapes correspondantes.

Ce commissaire voulait-il montrer que sa brigade est au diapason des techniques utilisées par les falsificateurs de billets en poussant les preuves aussi loin que la simulation ? Si tel est le cas la pédagogie a fait défaut, la moralisation et la sensibilisation surtout.

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