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Les travailleurs mauritaniens comme ceux du monde entier ont battu le pavé pour célébrer la fête du 1er mai. C’est l’occasion pour les syndicats de remettre constamment à jour leurs cahiers de doléances qui seront adressés aux gouvernants. C’est l’an 1 des revendications des travailleurs sous le régime post-électoral de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Le 1er mai intervient après une grève de trois jours lancée par les principales centrales syndicales au mois de mars dernier, et largement suivi dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Les travailleurs ont mis à profit ce mot d’ordre de grève pour montrer aux autorités qu’ils ont des cadres de revendication structurés pour continuer la lutte jusqu’au recouvrement de leurs droits.

Pour sa part le gouvernement s’est employé à couper l’herbe sous les pieds des syndicalistes en soutenant que l’état a procédé à des augmentations significatives des salaires, à une diminution considérable des prix et à un relogement des déguerpis des quartiers précaires vers des endroits plus décents . Une manière de justifier certainement le « manque » de fondement des revendications des travailleurs aux yeux d’un peuple ne sachant plus par où donner de la tête.

Le hasard ou le calcul ont fait que certaines principales artères du centre ville ont été barrées pour des raisons de réfection et de pavoisement en perspective du 50ème anniversaire de l’indépendance nationale. Les travailleurs ont circonscrit leurs marches à des points limités de la ville pour faire entendre leurs voix.

Les slogans reviennent avec insistance dans les doléances portant sur l’amélioration des conditions sociales des travailleurs qui passent notamment par la révision des salaires, la construction de logements sociaux, une couverture médicale décente etc.

L’an 1er de Mohamed Ould Abdel Aziz a commencé dans une ambiance d’agitations syndicales qui risque de se poursuivre si les conditions exigées par les centrales syndicales ne sont pas respectées par les autorités. Les négociations n’ont pas eu lieu entre les deux parties qui se rejettent la responsabilité.

Signe que le bras de fer n’est pas terminé. Les manifestations de cette année se sont déroulées dans une ambiance morose perceptible sur les visages de milliers de travailleurs convaincus que le chemin de la victoire est encore parsemé d’obstacles. Les syndicats ont tenu tout de même à montrer leur détermination indéfectible d’œuvrer à défendre contre vents et marées les droits des travailleurs.

Mais entre un pouvoir qui fait l’apologie de ses prouesses et qui ne manque pas de réalisations à faire valoir au peuple et des syndicats taxés d’affiliation à des partis de l’opposition , aucune chance de dépassement des contradictions n’est visible .

Pourtant Mohamed Ould Abdel Aziz aurait pu saisir cette opportunité pour discuter avec les syndicalistes en vue de trouver des points de convergence en mesure d’ouvrir un dialogue social avec les travailleurs. Et ce d’autant plus que le 1er mai 2010 intervient au 10ème mois de l’élection de Aziz au pouvoir. La bonne gouvernance n’est pas possible sans la participation de tous les partenaires dans l’édifice démocratique. Le droit syndical est l’un des piliers essentiel des institutions multipartites.

Cheikh Tidiane Dia