La contestation étudiante, jusqu’à mardi circonscrite à la capitale, particulièrement à l’Iseri, menaçant de s’étendre aux autres campus universitaires a dégénéré hier en grogne estudiantine étendue à certains établissements scolaires de l’intérieur du pays, suite aux heurts violents entre forces de l’ordre et étudiants, qui se sont soldés par des blessés de part et d’autre.S’agit-il d’une réponse à l’appel lancé récemment par le président du Rfd depuis l’Est du pays, aux masses des jeunes pour opérer d’eux-mêmes le changement, ou d’une affaire strictement limitée à la famille universitaire ?
Cette question mérite d’être posée, puisqu’au lendemain de la clôture de leur meeting populaire à Néma et après la libération des étudiants de l’Iseri, arrêtés depuis plusieurs, grâce à leur sermon de ne pas déclencher de nouvelles émeutes, l’institut est de nouveau le théâtre d’accrochages violents entre les éléments de la police et les étudiants. Des heurts qui se sont soldés par des blessés graves parmi les étudiants. Quelques heures après, les étudiants des instituts de Rosso, d’Aioun et de Nouadhibou entrent dans la danse, menaçant d’occuper la rue si les autorités persistent à mater la grogne estudiantine. Viendra par la suite le mouvement des jeunes du 25 février qui a grossi par ses militants l’élan de contestation. Jusqu’à hier, rien ne présageait une accalmie, puisque les forces antiémeutes sont déterminées à user de la violence autant que le ministère de l’orientation islamique qui persiste à refuser de satisfaire les doléances des étudiants ou à demander des négociations. En effet, des appels incitatifs à l’escalade et à la contestation fustigent de tous les sens dont celui des islamistes, bête noire du régime dont le leader Jemil Mansour a ironisé au rassemblement de clôture de la COD sur la situation chaotique du pays en s’illustrant d’un hadith, disant « Au jour du jugement dernier, le plus proche des humains à Dieu est un Imam juste – et Aziz ne l’est pas – et le plus loin de Dieu est un Imam injuste – ce qu’est Aziz » a-t-il cité. Aux dernières nouvelles, on apprend que trois étudiants, dont deux filles, avaient été évacués hier aux urgences au CHN, suite à ces incidents. L’un des blessés serait tteint par une grenade dans la cuisse et un autre blessé au pied. Ce dernier aurait été admis au bloc opératoire au CHN. L’UNEM cite un quatrième étudiant transféré dans une clinique privée de la capitale et trois autres blessés moins graves, ce qui fait remonter à sept le nombre d’étudiants blessés au cours des affrontements. Par ailleurs, l’UNEM déplore 5 arrestations dans les rangs des étudiants. Dans cette contestation, les jeunes du 25 février ont manifesté scandant "Aziz dégage!", "Ould Abdel Aziz tue l’espoir" "Nous tuons la peur". Les manifestants tentaient de former une chaîne humaine allant du carrefour de la BMC jusqu’à la Dgsn. On apprend par ailleurs du porte-parole des manifestants, que le mouvement continuera pour exiger l’ouverture des inscriptions à l’institut, transformé en une université islamique et transféré à Aïoun, au Hodh El Gharbi.
Amadou Diaara








