Les hommes d’ombre du président

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Il est difficile d’identifier avec précision ces mains invisibles qui fréquentent le palais, téléphonent en cas de besoin, envoient un courriel. Il semble qu’il en existe au sein de « la cour royale ».

Parmi eux figurent des hommes d’affaires, des hommes politiques dont un ancien président, des religieux respectables et même des citoyens ordinaires. Ces derniers jours seulement Aziz les aurait consulté individuellement pour demander conseils au sujet de certaines questions de l’heure telles que l’arabisation de l’administration, les options diplomatiques, les rapports tendus avec l’opposition.

Mohamed Ould Abdel Aziz aurait été attentif aux conseils qui lui ont été prodigués par ces hommes d’ombre avec cependant quelques objections sur ses choix personnels de ne pas ouvrir la voie à l’opposition dans un gouvernement élargi. Il est resté aussi ferme sur d’autres questions d’intérêt et de souveraineté national.

Au sujet de l’arabisation Aziz aurait compris qu’il n’est pas de l’intérêt de son pouvoir ni de celui des mauritaniens de faire revivre les réflexes identitaires. La direction vers laquelle des lobbies extrémistes veulent le conduire n’est pas la bonne.

Ces sirènes de la discorde veulent l’égarer. Il faut dare-dare s’en écarter avant de commettre des erreurs irréparables et fatales. Les arguments que ses interlocuteurs lui ont apportés allaient dans le sens de la préservation de l’unité nationale contre des groupuscules opportunistes qui ont dressé pendant des années des mauritaniens contre d’autres.

Aziz était-il sur une mauvaise pente lui qui avait dès son arrivée au pouvoir laissé croire que tous les mauritaniens allaient être traités sur le même pied d’égalité et que rien ne sera plus comme avant. Tout d’un coup ceux qui commençaient à y croire se retrouvent devant un homme ayant été embrigadé par des idées troubles et douteuses.

A un moment où il était très tôt pour lui de commettre des erreurs de l’eau commençait à couler dans le pont du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. Rien n’est plus grave que les cassures communautaires. L’exemple d’autres pays qui n’arrivent pas à retrouver la paix et la stabilité est suffisant pour convaincre du danger que représentent les dissensions inter- ethniques.

Les hommes d’ombre de Aziz ont sans doute mis le doigt là où il le fallait. D’ailleurs à qui profiterait-il une situation de tension qui agite la Mauritanie. Qui pourrait mesurer les conséquences provoquées par des agitations politiques, sociales et autres provenant des décisions irréfléchies du pouvoir.

Il est temps que les mauritaniens ouvrent grand les yeux pour voir la réalité en face, créer des conditions favorables à l’entente et à la cohésion nationale. Mais il est de la responsabilité du pouvoir de mettre un terme à toute décision de nature à réveiller les préjugés et en même temps de sévir contre tout groupe idéologique, tout responsable qui agit par ses propos ou son comportement à l’endroit d’une composante sociale ou linguistique en vue d’entretenir la haine raciale et la zizanie. Tout parti politique qui prône de telles idées doit être dissout sans autre forme de procès. Rien ne vaut que la paix et la stabilité.

Cheikh Tidiane Dia



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