| Il faut se parler pour se comprendre se connaître |
| Soumis par admin le Lun, 12/04/2010 - 08:20 |
Les particularismes linguistiques et ethniques au lieu d’être un facteur de méfiance doivent être un préjugé favorable à une bonne cohabitation entre les différentes composantes de notre pays. Vu sous cet angle chaque mauritanien doit se sentir proche de son compatriote, lui parler, l’écouter apprendre à mieux le découvrir et à tirer le meilleur profit de lui . Lorsque chaque mauritanien apprend à communiquer avec son voisin en faisant l’effort de parler sa langue et réciproquement, toutes les barrières vont tomber, les illusions vont s’estomper et les liens seront plus spontanés et plus solides. En Mauritanie il y a quatre langues nationales et une langue étrangère, le français. Le bon mauritanien doit être celui-là qui est en mesure de passer d’un médium à un autre selon les situations de communication. Quoi de plus beau de voir un leader politique s’adresser à ses concitoyens au cours d’une campagne présidentielle dans toutes les langues nationales du pays. Cet homme sera le mieux compris et certainement le plus estimé des électeurs. Ils sont rares pour ne pas dire inexistants les leaders politiques parlant toutes les langues du pays y compris ceux qui se revendiquent démocrates. Comment ces gens-là pourraient –ils incarner le bon exemple, inspirer confiance Parler une langue est un atout important. C’est la meilleure manière de vaincre un peuple. Ne pas le faire c’est soit manquer de volonté soit marquer du dédain pour cette langue. Il n y a pas de langue difficile d’accès. Les efforts que chacun déploie pour connaître l’anglais, le français, le chinois, le Russe ne sont pas plus pénibles à faire pour apprendre l’arabe, le peulh, le soninké ou le wolof. Les américains du corps de la paix qui ont visité la Mauritanie ont pu en peu de temps apprendre toutes les langues du pays qu’ils manient avec révérence et excellence. Un habitant du sud a besoin de parler les autres langues du pays qu’il ne connaît pas. Celui du nord, du centre ou de l’Est doit en faire autant. Les mauritaniens ne dépasseront jamais leurs contradictions tant que les uns et les autres se considéreront différents (dans le sens de se croire supérieur ou inférieur) du fait de leur langue, de leur couleur, de leur tribu. Ils ne se respecteront pas si les uns et les autres ne cesseront pas de raisonner en terme de tribu, de famille, de groupe etc. La solution à la question de l’unité nationale doit passer par cette option consistant à exploiter les diversités culturelles de la Mauritanie par tous les mauritaniens. Cela ne saurait se faire si un maure ferme au nez sa radio devant un speaker soninké ou si un peulh change de chaîne télévisée pour éviter de suivre une émission en Wolof. Loin d’être une source d’aliénation ou de domination, apprendre plusieurs langues ne fait que renforcer les chances de l’individu d’enrichir son expérience et d’élargir son horizon linguistique et son réseau de relations. Tant que chacun s’enferme autour de soi, il portera sur l’autre un regard dévalorisant sous un prisme déformant. A l’heure de la mondialisation, le repli identitaire est le pire des suicides. Aucun pays au monde ne s’épanouira dans une seule langue ou une seule culture. De même que le cloisonnement linguistique est une entrave préjudiciable à l’unité et au progrès d’un pays où il y a des diversités culturelles. Les mauritaniens doivent plus que jamais dépasser leurs complexes sociaux en se parlant, se découvrant et se respectant dans leurs différences et leurs ressemblances. Cheikh Tidiane Dia » Retour |









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