| Impasse politique inextricable |
| Soumis par elbou le Lun, 16/02/2009 - 21:00 |
Où va-t-on ? Notre sort se décidera-t-il ailleurs ? Assurément la situation politique en Mauritanie est plus que jamais confuse. Les initiatives se succèdent aux initiatives sans que la situation se décante. Jamais le fossé séparant les deux camps protagonistes n’a paru si profond. Mêmes les libyens n’ont pu faire plier Aziz et Sidi, qui se targuent chacun d’une légitimité populaire. Où va-t-on ? Notre sort se décidera-t-il ailleurs ? Depuis le coup d’Etat du 06 août, jamais la situation n’avait paru aussi tendue dans le pays. L’annonce de sanctions ciblées contre les membres du HCE et certains de leurs soutiens, l’obstination de Sidi à na pas céder face à la junte, les arrestations d’anciens responsables d’Air Mauritanie qui ont la particularité d’être des proches de Sidi, autant de faits qui poussent à l’inquiétude. Le FNDD, rassuré par la position de la communauté internationale qui commence à sortir son artillerie contre le pays, bombe le torse et défie ouvertement le pouvoir militaire. Il faut dire que le FNDD, après avoir déjà profité du rush médiatique qui avait suivi la libération du Président déposé, se sent comme revigoré depuis l’annonce des sanctions contre la junte. C’est ainsi que le front anti putsch, croyant son heure proche, lance des diatribes contre le régime militaire. Ce camp croit dur comme fer que les jours du pouvoir militaire sont comptés et que l’intensification de la mobilisation le fera vaciller. C’est dans cet esprit que Sidi Ould Cheikh Abdellahi aurait décliné l’offre de médiation libyenne. La radicalisation du FNDD irait crescendo avec le durcissement de la communauté internationale. Si le FNDD s’est rangé du côté de la légalité dès les premiers instants du coup d’Etat du 06 août, sa composition laisse toujours perplexe bien des mauritaniens. A y regarder de plus près, il semble que Messaoud Ould Boulkheir soit le plus crédible dans ce camp où se côtoient des anciens adversaires politiques devenus alliés par la force des choses. En effet, si le Président de l’Assemblée a séduit de nombreux observateurs par la constance de sa position depuis le 06 août qui pourrait lui coûter volontairement le perchoir de la chambre basse du parlement, il n’en est pas de même pour d’autres leaders du FNDD. Autre personnalité de taille de ce camp, Mohamed Ould Maouloud. En effet, le leader de l’UFP, connu pour sa modestie, sa franchise et sa disponibilité au dialogue et à la discussion, est l’un des points forts du FNDD. Par contre, quoi qu’ils disent, des gens comme Bodiel et Ahmed Ould Sidi Baba passent mal en pourfendeurs du pouvoir militaire. Indéfectibles soutien du dictateur jusqu’à la veille du 03 août 2005, le discours de ces barons du système Taya, même s’il est emprunt d’une certaine logique constitutionnelle, s’en trouve ramolli par leur personne. D’un autre côté la junte militaire, plus que jamais installée aux commandes du pays, se projette déjà sur la présidentielle. « Sidi est un has been ». Sur ce point les militaires se sont montrés clairs et fermes. Selon eux, Sidi Ould Cheikh Abdellahi fait partie du passé et ne saurait jouer un quelconque rôle politique aujourd'hui. Et c’est là tout le nœud du problème. Sans la résolution de cette épineuse question, aucune avancée ne pourra être obtenue et l’avenir du pays sera plus sombre que jamais. Que c’est dommage de laisser notre sort se décider au gré de ce qu’en voudront les autres, certes, loin d’être guidés dans les choix qu’ils nous fixeront par notre intérêt national. Une communauté internationale par nature fidèle à sa tradition "diviser pour régner". Déjà sectionnée par ses fils déraisonnés, la Mauritanie est actuellement fragile et facile à déchiqueter. Que Dieu la préserve de tout mauvais destin. Amin. Abdoul Fall » Retour |









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