La semaine dernière au même moment où une partie des populations Kaédiennes été sinistrée par les eaux de pluies, le Président de la république à travers le commissariat à la sécurité alimentaire convoie 125 tonnes de riz, 25 tonnes d’huile et 10 tonnes de dattes « aux agriculteurs des périmètres pilotes du Gorgol (PPG 1 et 2) à Kaédi. » selon les termes même du Mohamed Ould Mohamedou le commissaire à la sécurité alimentaire.
Cinq jours après leur arrivée, les vivres sont toujours stockés dans les magasins. Selon les informations que nous avons reçues, certains paysans auraient procédé à une manifestation pour se faire entendre. La principale controverse se situerait au niveau du mode d’allocation par hectare ou par famille plutôt que du quota d’un sac de 50 kg de riz que chaque bénéficiaire aura au bout du compte. Si l’on exclue le cas où certaines familles exploitent plus de deux hectares ; au meilleur des hypothèses, le PPG1 se verra attribué 700 sacs soit 35 tonnes sur les 125 tonnes de riz.
Pourtant, le commissaire à la sécurité alimentaire a ténu à souligner que « l'Etat a pris la décision de fournir ces aides en raison de la situation alimentaire difficile que vivent les agriculteurs des deux périmètres pilotes 1 et 2 de Kaédi où le travail est arrêté depuis deux ans à cause de la destruction de leurs infrastructures. ». Les autorités tiendront t-elles compte des véritables exploitants ou tout simplement de tous ceux qui possèdent une parcelle de terre ? C’est à ce niveau que la fraude risque encore une fois de sévir si l’on sait que pratiquement la moitié des propriétaires de champs dans le PPG2 sont des agriculteurs à cols blancs qui ont reçu les parcelles avec la complicité de l’administration de l’époque et qui n’ont réellement jamais exploité. Nous voyons dans ce partage du lion une manière subtile des responsables locaux de détourner encore une fois les vivres destinées à des familles d’agriculteurs qui n’ont rien récolté depuis bientôt trois ans. Pour éviter des complications, les autorités peuvent tout simplement se référer aux listes des exploitants des deux dernières années avant les travaux au niveau de la SONADER et non du crédit agricole que je préfère taire pour le moment. Une sagesse de chez nous rappelle qu’on ne doit jamais rejeter un don; mais un sac de riz de 50 kilo pour soulager de la perte d’une production de trois ans, à la place des exploitants je le prendrai sans faire beaucoup de bruit.
Baliou Coulibaly








