L’argent de la campagne n’a pas d’odeur !

Après l’annonce des candidatures, l’heure est à la mise sur pied des directoires de campagne. La constitution des staffs techniques et politiques est l’une des épreuves les plus fatidiques à laquelle font face les candidats. C’est là où les intérêts peuvent se fausser compagnie et les alliances précaires voler en éclat. L’ambiance se situe encore à une échelle réduite de décision, circonscrite aux contacts et discussions autour du fameux «donnant-donnant» et du «dis-moi qui tu es, je te dirai ce que tu vaux ». Mais tout ce jeu est commandé par l’argent, le nerf de toute élection,  peu importe l’enjeu est le résultat. L’argent a toujours coulé dans toutes les campagnes politiques. Mais personne et en premier lieu les candidats, ne diront, preuves à l’appui, d’où provient ce sésame, ni à combien s’élève-t-il. En Mauritanie, il y a toujours un tabou qui entoure cette question et en l’absence d’informations claires, c’est la rumeur qui se la coule douce. Ainsi toutes sortes de ch’tari circulent, depuis l’annonce des candidatures. Derrière chaque candidat, plane l’ombre de tel richissime homme d’affaire qui aurait déboursé tel montant. Mais le secret le plus absolu est bien celui qui entoure comme un rideau de fer les fonds de campagne du candidat favori, l’ex-Général Aziz. Personne n’est en mesure de dire si sa campagne est supportée par l’argent du trésor public ou de quelques hommes d’affaire de la tribu ou encore de l’étranger. Les estimations avancent que les fonds de campagne de Aziz s’élèveraient au bas mot à 5 milliards de nos ouguiyas. De quoi créer l’affluence autour de son QG situé à l’hôtel Atlantic Ezza, où il réside depuis son retrait de la présidence. Les alentours de cet hôtel ne désemplissent  pas de monde venu aux nouvelles du trésor caché dans les mallettes de Mohamed Ould Abdel Aziz. Dans les autres Qg ce n’est pas la grande ruée. Mais les rumeurs font rage sur des prétendus fonds que les challengers de Aziz auraient obtenu  pour battre campagne avec des moyens dignes de ce nom. Combien coûtera la campagne de Kane Hamidou Baba, qui participe pour la première fois à une élection et  dont  les classements placent en deuxième position en terme d’alliances politiques de taille. Il faudrait au moins tabler sur une enveloppe minimale d’1 milliard d’UM pour l’ex-vice président du Rfd pour son fonds de campagne. Ibrahima Moctar Sarr ne serait pas en reste dans les extrapolations portant sur  un gros chèque qu’il aurait reçu ou qu’il recevra dans les jours qui viennent. Mais de la part de qui et pour quel calcul ? Sghair Ould M’barek n’a pas échappé à cette rumeur. L’ex-premier ministre de Taya ne ferait pas sa descente sur le podium présidentiel, s’il n’avait pas eu toutes les garanties de financement de sa campagne politique qui ressemble plus à une participation électoraliste par procuration  qu’à une candidature ambitieuse. Une chose est sûre, l’argent qui sera déboursé pour organiser les élections ne provient pas de la fortune personnelle d’aucun des candidats en lice. Sur ce plan c’est toujours un black-out total. 

 CTD



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