L’initiative pour le Dialogue National : Malgré la déception, l’optimisme reste permis, pour éviter le pire

D’importantes personnalités et fondateurs de l’initiative "Appel national pour la sauvegarde de la Mauritanie" ont organisé hier, à l’Hôtel El Médina, dans le Centre ville de la capitale Nouakchott, une conférence de presse au cours de laquelle, le président de l’initiative M. Cheikh Sid’Ahmed Ould Babamine et ses proches collaborateurs dans cet appel national pour dialogue inclusif,  en l’occurrence Me Mahfoudh Ould Bettah et M. Dahane Ould Ahmed Mahmoud, ont livré aux organes d’information, les résultats de cette médiation mauritano-mauritanienne dont ils se constitués défenseurs, pour éviter à la Mauritanie de rester tributaire des arbitrages extérieurs.

Au cours de leurs interventions et après fait un rappel de l’action de l’initiative depuis sa création sur le terrain du dialogue national, les intervenants ont indiqué, sans un certain regret "qu’après deux mois d’intenses efforts", les appels  au Dialogue n’ont pas été écoutés  par les parties prenantes. Dans leurs explications des aspects relatifs à la recherche des voies et moyens, les meilleurs pour impulser les différents antagonistes à la concertation et à la négociation ouverte, les intervenants, ont reproché aux parties prenantes leur obstination à rester camper sur leurs positions individuelles, rendant du coup, tout dialogue difficile. Selon eux "ces parties prenantes et en particulier le HCE, actuel détenteur du pouvoir, doivent assumer devant l’histoire, la responsabilité des conséquences de cette situation pour la stabilité du Pays et des souffrances qu’elle impose à nos innocentes populations".

L’initiative qui semble ne pas désarmer, malgré l’accélération des événements parallèles, qui affaiblissent considérablement les chances du dialogue, a toutefois fait part de sa conviction profonde, que seules des élections présidentielles organisées à la suite d’un consensus national peuvent constituer une solution à l’actuelle crise".  Dans ce cadre, l’initiative dit engager "tous les protagonistes et l’ensemble des acteurs politiques à se ressaisir, pendant qu’il est encore temps, pour sauver le pays des risques majeurs qui le  menacent dans sa pérennité".

A titre de rappel, notons que cette initiative avait lancé un appel national, sous le titre "Pétition nationale pour la sauvegarde de la Mauritanie" le 19  février dernier, aux parties prenantes à la Crise politique et institutionnelle. L’objectif recherché était  d’instaurer un dialogue pour trouver  une issue consensuelle qui éviterait à la Mauritanie "les affres de la division et de l’instabilité qui menacent l’entité nationale dans sa globalité" disent les intervenants.  D’ailleurs, cet appel avait rencontré une large adhésion auprès de l’opinion publique nationale et a été signé par plusieurs centaines de cadres issus de toutes les communautés nationales.  Les intervenants précisent que "forts de cette légitimité et convaincus d’œuvrer dans l’intérêt national, des membres de notre Initiative ont entrepris d’intenses contacts exploratoires avec les leaders de toutes les forces politiques en vue de créer les conditions favorables à l’instauration de ce Dialogue mauritano mauritanien qui aurait l’avantage de laver notre « linge sale » en famille". Et d’ajouter "à l’issue de ces contacts,  qu’elle a  jugés globalement positifs,  voire prometteurs, à la notable exception du Haut Conseil d’Etat dont les portes nous sont demeurées fermées, notre Initiative a élaboré un document qu’elle a transmis à toutes les parties prenantes, sous forme d’une Ebauche pouvant servir de base de  discussion à un Dialogue National". Toujours selon eux "deux semaines durant, les membres de notre groupe ont alors engagé un nouveau  round pour concrétiser les promesses en invitant les Parties prenantes à un Dîner-débat que nous espérions être le prélude à ce Dialogue inclusif tant souhaité au niveau national et réclamé par toutes les résolutions issues du Groupe de contact mis en place par les partenaires de la  Communauté internationale impliqués dans la recherche d’une solution à la Crise dans notre Pays". 

Mais tous ses efforts n’ont malheureusement pas été couronnés de succès. Là-dessus, les initiateurs disent "force est de constater que tous les efforts ainsi déployés par notre coordination auprès des  différents protagoniste à quelques exceptions prés, n’ ont pu aboutir devant la fuite en avant de la plupart des  leaders de la classe politique dés qu’il s’est agi d’unir le geste à la parole. Comme si notre classe politique, pour des raisons sans doute divers, trouvait son compte dans le statu quo ou la perpétuation de cette crise dont elle ne semble pas souffrir autant que l’immense majorité de nos compatriotes". Et d’ajouter "notre déception est d’autant plus grande que les principaux acteurs nationaux de cette crise affichent une réelle de prédisposition pour le Dialogue sous l’égide des médiateurs étrangers, comme s’ils avaient depuis le début de cette crise, définitivement renoncé à croire et encore moins à accepter toute médiation nationale".  Enfin, les intervenants soulignent "huit mois après le coup d’état, cette attitude attentiste où chacune des parties  espérait faire valider sa position par  tel pays ou telle organisation internationale, n’a permis d’enregistrer aucune avancée. Au contraire,  les sanctions tant redoutées commencent à tomber au dehors, les unes après les autres, pendant que le pays s’oriente vers l’organisation contestée d’une élection présidentielle menée à la hussarde par les uns et fermement  menacée de boycott par les autres".

Mohamed Ould Mohamed Lemine
mdhademine@yahoo.fr



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