Le choix Président bute selon des critères communautaires !

 Un débat qui est là pour rappeler que la Mauritanie n’arrive manifestement pas à dépasser de vils réflexes qui sont la cause de tous les problèmes unitaires du pays.

En dépit de son cavalier seul concernant le processus électoral, la junte militaire a encore du pain sur la planche à quelques semaines de son élection présidentielle. Lancé depuis plus de deux mois, le recensement civil qui doit être la base de la confection des listes électorales n’a enregistré qu’un peu plus de 50.000 inscrits. Ce qui est encore très loin du potentiel électoral du pays. Et encore que ces opérations de recensement prennent fin à la fin du mois d’avril. Les bureaux ouverts à cet effet n’ont pas connu d’engouement populaire et le risque de voir une forte abstention lors de la présidentielle est grand.

D’autre part la mise en place de la CENI prend un retard considérable alors que le premier tour de la présidentielle approche à grande vitesse. Après le refus du RFD de participer à sa création l’Etat n’a d’autre choix que de procéder à son installation de manière unilatérale. En effet le Président et les membres de la CENI seront désignés par la junte d’où un fort soupçon de parti pris pourrait être brandi par les candidats opposés à Aziz. Et encore que la constitution de cette CENI semble poser de grandes difficultés. De sources journalistiques, Cheikh Ould Babamine, ancien  Président de la première CENI (durant la transition 2005-2007) aurait décliné l’offre qui lui aurait été faite par le pouvoir pour diriger le nouvelle CENI. C’est alors que Cheikh Saad Bouh semblait indiqué pour diriger cette institution, après avoir fait un passage remarquable lors de la première CENI. Personnalité issue de la société civile et paraissant neutre dans la crise politique qui divise le pays, cet homme a le profile pour diriger la CENI afin de garantir une élection transparente et juste. Seulement les milieux chauvins qui ont fait temps de mal au pays ont ressorti leur bien mauvaise potion indigeste : à savoir qu’un négro-mauritanien Président par intérim et un autre à la tête de la CENI, ça en faisait trop. C’est là un sérieux coup à l’unité nationale que l’on disait recouvrer après le discours du Président du HCE à Kaédi. Les vieux démons ont la tête dure et il semble que ce n’est pas un discours qui va changer la donne. Le raisonnement sectaire a repris le dessus et chaque poste est encore attribué selon que l’on appartient à telle ou telle autre communauté, ethnie ou tribu. Le mérite, la compétence, les qualités intellectuelles et morales interviennent après.

En outre, alors que le Conseil Constitutionnel indique dans un communiqué que les déclarations de candidatures prendront fin le mercredi 22 avril 2009 à minuit, aucune déclaration n’a encore été enregistrée. Le Général risque fort de faire face à de petites candidatures de très faible envergure. Dans ce cas la CENI n’aurait même pas de sens les résultats étant connu d’avance.

« Le Conseil constitutionnel arrête la liste définitive des candidats et la transmet au gouvernement au plus tard le jeudi 30 avril 2009 », précise le décret qui ajoute que le « scrutin sera ouvert à 7 heures et clos à 19 heures ». 

Les opérations électorales pour ce scrutin seront « exécutées par l’administration sous la supervision, le contrôle et le suivi de la Commission électorale nationale indépendantes (CENI) » dont la composition n’est pas encore connue.

Abdou Fall



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