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Le rapport 2011-2012 de Reporters Sans Frontières, publié hier, classe la Mauritanie au 67e rang, soit une amélioration de 28 places par rapport au précédent classement.Ces progrès dont RSF appelle à l’amélioration s’expliquent par les mesures prises par les autorités pour desserrer l’étau sur le quatrième pouvoir, matérialisées par l'adoption d'une loi sur la presse électronique, la libéralisation de l'audiovisuel ainsi que la création d’un fonds d’aide aux journaux indépendants.
La phase opérationnelle qui tarde encore à débuter des activités des télévisions et radios privées récemment autorisées par le pouvoir mauritanien, devra sans doute permettre à la Mauritanie de soigner son image d’Etat démocratique, pour lequel la liberté de la presse est une chose sacrée. Il faut souligner que ces avancées peuvent s’avérer réelles, si les autorités, qui ont déjà adopté un fonds d’aide à la presse, cessent de malmener les journalistes pendant l’accomplissement de leur mission ainsi que d’arrêter de persécuter les sites qu’elles opposées au régime en place.
En attendant encore que toutes ces étapes parviennent à leur stade effectif, il y a lieu de souligner des cas de violences et d’arrestations des journalistes, dont la plus récente est celle du directeur du site El Mouchahid, qui avait été d’abord molesté par des gardes dans une querelle survenue à Nouakchott, puis incarcéré avec des militants des droits de l’homme à Aioun qu’il accompagnait pour la couverture d’un cas de pratiques esclavagistes sur des mineurs.
La Mauritanie fait par ailleurs mieux que des Etats de la sous-région comme par exemple le Royaume chérifien qui poursuit sa descente aux enfers dans ce classement, passant du 137e rang au 138e, soit un recul de trois places par rapport à l’année dernière.
Répression » a été le mot de l’année écoulée selon RSF, qui ajoute que « jamais la liberté d’information n’a été autant associée à la démocratie, jamais le travail de journaliste n’a autant gêné les ennemis des libertés. Jamais les actes de censure et les atteintes à l’intégrité physique des journalistes ne semblent avoir été si nombreux ». Dans les pays de la région Mena (Moyen Orient et Afrique du Nord), le classement a été « fortement influencé » par les « révoltes arabes », indique RSF. Ainsi, des pays comme la Tunisie et la Libye, « où les révoltes ont abouti à des changements politiques », ont sensiblement amélioré leur classement. « La fin de la répression exercée par le régime de Zine el-Abidine Ben Ali » a permis à la Tunisie de gagner 30 places par rapport à l’année dernière. La Libye pointe au 154e rang, contre le 160e l’année précédente. Toutefois, selon RSF, « les libertés gagnées sont fragiles » et « peuvent être balayées très facilement ». C’est le cas en Egypte où « les changements restent cosmétiques », faisant régresser le pays de 39 places (166e contre 127e l’année dernière). Les pays où « la répression est toujours d’actualité » comme la Syrie (de 173 à 176), le Yémen (170 à 171) et le Bahreïn (qui perd 29 places et se classe 173) sont tous en chute. Faisant dire à RSF que « la plupart des évolutions sur 2011 s’inscrivent à la baisse ». Last but not least, l’Algérie poursuit sa remontée dans le classement (+11, passant de la 133e position à la 122e) du fait notamment de la diminution du nombre de procès contre les journalistes.
Amadou Diaara