Affaire Selemha, mariée avant la majorité : La malheureuse mère écope une peine de 17 ans !

L’affaire Selemha, une mineure donnée à l’âge de 14 ans, en mariage avant l’âge légal, refait de nouveau, surface, avec cette lourde peine, prononcée par la justice espagnole, contre la malheureuse mère de la fille, de dix-sept ans d’emprisonnement. Chef d’inculpation : "avoir forcé sa fille, âgée de 14 ans à épouser un homme de 26 ans son aîné. Cette affaire n’avait pas seulement  fait beaucoup de bruit en Espagne, mais également en Mauritanie, où ce cas de figure est fréquent, mais, encore toléré par des larges couches de la société.

Selamha Mint Mohamed, aujourd'hui âgée de 17 ans, est allée elle-même dénoncer ses parents à la police. Le mariage s'est déroulé en Mauritanie alors qu'elle n'avait que quatorze ans. Elle a expliqué qu'elle avait été forcée d'avoir des relations conjugales avec son mari, juste après les noces, lorsque son époux est venu, lui rendre visite en Espagne, plusieurs mois plus tard.

Menaces, agression et contraintes

Un tribunal de Cadiz a condamné la mère de la jeune fille à dix-sept ans de prison pour menaces, agression conjugales et contraintes. Le mari a été condamné à treize ans et six mois de prison, et le père a écopé d'une année et demie de prison. Les avocats des parents ont fait appel. Le procureur avait indiqué craindre qu'ils ne quittent le pays s'ils n'écopent pas de peines de prison, mais le tribunal a rejeté mercredi sa demande que les parents soient déjà placés sous les verrous.

Le piège du relativisme culturel

L'affaire a suscité de vives réactions au sein de la communauté mauritanienne en Espagne et en Mauritanie même. Les critiques appellent l'Espagne à respecter les traditions mauritaniennes.

Pour rappel, l’affaire Selemha remonte à juin 2007. Le mari de cette jeune fille mauritanienne a été arrêté et inculpé d’agression sexuelle. Une peine passible dans ce pays d’un emprisonnement de 15 ans. La jeune fille est née en Espagne en 1992. Ses parents sont Mohamed Ould Abdallahi et Hawa Mint Cheikh.

Cet imbroglio devrait interpeller les autorités mauritaniennes pour s’occuper du cas sur le plan purement intérieur et punir le mari, s’il s’avère fautif selon la législation locale. A mon avis, le traitement de choses pareilles doit susciter auprès des Etats amis un respect réciproque des juridictions des pays, qui intègrent en leur des facteurs d’ordre culturels et socioéconomiques, parfois très différents.

En Mauritanie, le mariage avec des mineures est fréquent, même si parfois, il s’effectue loin des yeux indiscrets.  D’ailleurs, elles sont nombreuses, ces filles mineures qui sont actuellement acheminées au pays du Golfe arabique, notamment en Arabie Saoudite pour être proposées en mariage contre des pétrodollars. Des samsaras travailleraient nuit et jour dans ce commerce horrible. D’ailleurs, en Arabie Saoudite, le mufti d’Arabie saoudite, Abdelaziz Al-Sheïkh, avait lancé une fatwa, autorisant le mariage des fillettes âgées de dix ans (révolus).

Al-Sheïkh ne se tient pas à émettre son décret religieux, mais dénonce aussi ceux qui luttent contre le mariage des mineures, considéré comme un mariage forcé. Cette fatwa intervient après celle du Fghih marocain qui estime que certaines petites filles de neuf ans sont meilleures au lit que des femmes de vingt ans, « l’étatisation de la pédophilie » touche désormais l’Arabie saoudite.

Le mufti du royaume tente en de bloquer les tentatives des libéraux, soutenus par le roi à travers sa propre fille, de réglementer l’état civil et d’interdire les mariages des mineures. Abdelaziz Al-Sheïkh, mufti d’Arabie saoudite. Cette campagne du mufti intervient alors que le Comité des droits de l’homme (étatique) a fait part de son mécontentement face à la profusion des mariages des jeunes filles mineures, qualifiant ce phénomène « d’atteinte aux droits de l’enfant ».

Le Comité affirme travailler en étroite collaboration avec les autorités pour lutter contre ce phénomène. Le Comité s’appuie sur la Convention internationale de protection des enfants, signée par l’Arabie en 1996, et sur la convention des droits de la femme, entérinée par Riyad en 2000, pour obtenir des réformes fondamentales interdisant ces mariages forcés qui « portent atteinte à la fois aux enfants et aux futures mères mineures ».

Le Comité met en garde contre les effets néfaste de la maternité des jeunes filles, dangereuse pour leur santé... La polémique entre les libéraux et les radicaux a récemment pris une tournure judiciaire, après qu’une activiste saoudienne des droits de l’homme se soit plainte, auprès des ministres de la Santé et de la Justice, contre le mariage de ses deux filles âgées de 13 et 14 ans, demandant l’annulation de ces mariages voulus par le père.

La justice, souvent aux mains des islamistes, encourage les mariages arrangés, à l’exemple du tribunal de Unayzah (ou Onaïza, dans le Najd, un fief des wahhabites) qui vient de rejeter une demande de suspension d’un mariage forcé d’une fillette, promise par son père à un cinquantenaire. Le juge a décidé de « trancher à la majorité de la fille ». Ce qui signifie que la fillette, mariée de force, pourra se rétracter à sa majorité. Partout dans les pays du monde, notamment en Afrique et dans le monde arabe, les mineures sont victimes de violence physique ou sexuelle répétée dans le temps. Dans notre pays, en l’absence de statistiques véritables, le phénomène reste encore extrêmement difficile à évaluer. Pourtant, dans les maisons, au cours des discussions de salon et le temps d’une séance de thé, on constate que le drame se déroule sous nos yeux. C’est, semble-t-il, les domestiques (femme de ménage) qui sont les plus touchés.

Des patrons de Tevragh-Zeina ou du Ksar n’hésitent pas à détromper la vigilance de leur épouse pour se retourner contre les bonnes. D’ailleurs, certains foyers ont éclaté suite à ces scandales où les bonnes finissent par suppléer l’épouse coléreuse. C’est fréquent, car les femmes chez nous ne sont pas seulement improductives, dépensières sans limite, mais également impitoyables au point de jeter meubles et enfants à la rue pour venger sa rancune.

Ainsi pour dire, les violences chez les filles mineures se rencontrent dans tous les groupes ethniques, sociaux et économiques, dans tous les milieux. Elles bénéficient encore trop du silence complice de l’entourage, famille ou voisins, alors qu’il s’agit de comportements répréhensibles aux conséquences désastreuses pour les futures femmes.

Mohamed Ould Mohamed Lemine
mdhademine@yahoo.fr



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