Démission du Général : Sidioca parle de "subterfuge" pour légitimer

La démission de Mohamed Ould Abdel Aziz a suscité bien de réactions au sein des ses soutiens, qui se mobilisent pour mener campagne pour le Général candidat à la future présidentielle de juin prochain  et ses opposants dans les rangs du Rfd, du Fndd, mais également parmi l’entourage du président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Ce dernier a très vite qualifié la démission du Général Ould Abdel Aziz de "subterfuge" fait dans le seul but de "légitimer la confiscation du pouvoir par la  force des armes".

 Le président renversé le 6 août dernier par l’officier qu’il avait lui-même limogé, apporte dans un communiqué des précisions sur les mobiles non dits de la démission du Général Mohamed Ould Abdelaziz.

Dans le communiqué, le porte-parole du Président déchu qualifie la démission de Ould Abdel Aziz de "manœuvre destinée à simuler un respect des conditions réglementaires et d’égalité des chances pour une candidature hautement contestée", et d’ajouter que "par ce subterfuge, il pense pouvoir faire légitimer la confiscation du pouvoir par la  force des armes, une usurpation dont il est le principal auteur".

 Par ailleurs, en réponse aux confirmations du Général selon lesquelles, "sa démission est motivée par son souci de «respecter les lois » ", le service de communication de Sidioca dit que "ce souci est fort surprenant de la part d’un officier chargé de la sécurité présidentielle qui s’est délibérément immiscé dans le domaine politique, en complotant contre le chef de l’exécutif, et qui a fini par faire un coup d’état contre les institutions et les lois de la République". Et de préciser que "le véritable souci du Général est clair (qu’) il s’agit pour lui de garder le pouvoir qu’il a conquis à partir des fonctions et des responsabilités qu’il avait, et en abusant de la confiance qui était placée en lui". Et de poursuivre "c’est pourquoi il n’a pas mis fin au contrôle qu’il exerce sur certaine unités stratégiques dans l’armée et sur certains secteurs non moins vitaux tel que celui de l’information".

Selon le président Sidioca, OulD Abdel Aziz s’est "empressé d’annoncer sa candidature pour ne pas laisser s’installer l’illusion du départ et de l’éloignement". Evoquant, la subordination des medias officiels à la cause politique du Général, le communiqué indique que ces derniers "se font un devoir de battre une précampagne forte en images", en de Ould Abdel Aziz. 

Sidioca précise également que "l’intention du général est manifeste à travers son discours", en déclarant qu’il revient, une fois la formalité des élections achevée. Ce qui conduit le président renversé à dire que le Général "se trahit en voulant montrer qu’il restait présent, en proférant des  menaces et des intimidations à l’encontre de ses opposants". Et d’ajouter "dans son discours, le général s’est livré - comme à l’accoutumée  – à une campagne démagogique d’une insolence inouïe (…) insultant la mémoire et l’histoire des pionniers et des générations pour lesquels notre pays est reconnaissant pour en avoir fait ce qu’il est devenu : Un état indépendant et respecté, possédant des infrastructures en constant développement malgré sa jeunesse et la modicité des moyens qu’il a hérité de la période coloniale".   Toujours de son dénigrement de l’ex président du HCE, le service de communication de Sidioca ajoute que le Général "n’a cessé de répéter que, tous les régimes qui se sont succédés depuis l’indépendance en 1960, n’ont fait que dilapider les moyens publics et maltraiter les citoyens". Le communiqué revient aussi sur les contradictions du Général relatives à l’atténuation des souffrances des populations et la lutte contre l’inflation et l’inexistence de prisonniers d’opinion.

Partant de ces considérations,  le Président renversé a déclaré que le " constat de vacance du Poste de Président de la République est nul et de nul effet, au regard de la réalité des faits et de la loi". Et d’ajouter : "le Président de la République, sain de corps et d’esprit, n’entend nullement renoncer à ses responsabilités et réaffirme sa détermination à œuvrer avec tous les moyens dont il dispose pour faire échec au coup d’état". Sidioca invite également "les militants du Fndd, toutes les forces démocratiques et l’ensemble du peuple mauritanien à poursuivre leur lutte pacifique pour la restauration de la légalité constitutionnelle et à mettre en  échec le projet du général Aziz visant à légitimer la confiscation du pouvoir et à empêcher le libre exercice des choix démocratiques". Le président déchu a appelé "tous les protagonistes mauritaniens à œuvrer ensemble pour engager un dialogue national en vue d’aboutir à une solution consensuelle, qui respecte la Constitution de notre pays et les Conventions  internationales ; une solution à même de sortir définitivement le pays et l’Afrique, dans son ensemble, du fléau des coups d’Etats militaires".  Enfin, il a appelé "les partenaires extérieurs de la Mauritanie à poursuivre leur appui à la lutte du peuple mauritanien pour consacrer la démocratie, restaurer la légalité constitutionnelle et opérer ses choix nationaux loin de toute contrainte".

 

"Rôle de l’absent présent" : Le Fndd s’inquiète sur la démission d’Aziz

Le Fndd, quant à lui, a très vite fait part de ses interprétations de la démission du Général Mohamed Ould Abdel Aziz. La coalition qualifie l’événement et la dévolution de son intérim au président du sénat, de "tragicomédie de mauvais goût", faite juste "le temps qu’il y revienne en moins de deux mois à travers des élections  truquées". S’estimant attaché aux objectifs et idéaux arrêtés au lendemain du coup d’Etat du 6 aout dernier, le Fndd estime que l’acte de démission, n’est en fait que "la consécration du putsch et l’obstination à ignorer les appels de la communauté internationale et  le mépris du peuple Mauritanien qui a unanimement adopté une constitution constamment violée depuis le coup d’Etat". La coalition anti-putsch indique que "tout porte à croire que le général  « démissionnaire » s’est assigné le « rôle de l’absent présent » en continuant à donner des ordres fermes, à distribuer les menaces,  intimidations et  promesses de  réalisations imaginaires, confirmant s’il en était  besoin le peu de crédit qu’il confère ses intérimaires". Face à ce retournement de situation politique, qui ne semble pas détourner la coalition de son combat politique, le Fndd a renouvelé son engagement "devant le peuple Mauritanien  à continuer la lutte démocratique sans merci pour faire échouer le coup d’Etat" et lancé "un appel à  tous les partis politiques, à la société civile ainsi qu’a toutes les personnalités indépendantes à se joindre à lui face à ce coup d’état insensé jusqu'à ce que la Mauritanie reconquiert sa tranquillité et ses acquis démocratiques, loin du fléau des coups d’états militaires". Enfin, la coalition anti-putsch a lancé "un appel urgent à la communauté internationale, en particulier à l’union Africaine et l’Union Européenne pour qu’elles persistent dans leur refus de l’agenda unilatéral du général qui mènera le pays vers un avenir incertain".

 



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