| La crise actuelle vient de loin ! |
| Soumis par renovateur le Jeu, 14/05/2009 - 09:59 |
![]() loupe.jpg Le temps passe et les vieilles pratiques restent. La crise que vit aujourd’hui la Mauritanie n’est que le résultat plusieurs années durant, du monopole du pouvoir, de la manipulation du peuple et de la clochardisation de l’intelligentsia du pays par des hommes inamovibles qui sont à tous les rendez-vous de l’histoire dont ils sont les seuls artisans. Pour mieux comprendre la réalité actuelle, il faut opérer une analyse diachronique de la succession des facteurs de crise ayant livré au fil des événements ses manifestations.
Au commencement, la Mauritanie indépendante a été édifiée sur des bases précaires où le socle tribal et régional a constitué le coup de départ d’une jeune nation qui cherche à tâtons le chemin de son destin. La priorité était de mettre en place les fondements d’un Etat soumis âprement aux velléités revendicatives du Maroc. Le pays était surtout une mosaïque de peuplement disséminé dans un vaste territoire difficile d’accès. Les ressources naturelles du jeune Etat étaient abondantes mais aléatoires car il n’y avait pas de compétences nationales qualifiées pour surveiller et gérer cette économie potentielle. Mais sous la volonté patriotique de ses premiers bâtisseurs la Mauritanie entra dans le concert des Nations.
Très vite les clivages politiques et idéologiques installent le pays dans une ère de turbulences émaillée par des incidents gravissimes. Vint la guerre du Sahara. Le jeune Etat avait à peine 18 ans. L’armée mauritanienne répondit à l’appel du devoir patriotique. Elle en sortit fragilisée et démoralisée. L’ère des coups d’Etat commença en 1978 pour se poursuivre jusqu’à nos jours. La grande muette goûta aux délices du pouvoir politique qu’elle ne lâchera pas. Plus de dix putschs au moins ont été orchestrés dans le pays. Le pays ploya, deux longues décennies durant sous le totalitarisme de Ould Taya.
C’est au cours de ce règne sans partage que le destin politique et économique du pays a profondément été affecté. Le colonel gava les mauritaniens de son discours indigeste pendant des années, détournant les mauritaniens des vraies réalités de leur pays. Il troqua son treillis contre le boubou. Son parti fut un véritable sacerdoce pour des milliers de cadres en mal de promotion et de dividendes. Cette classe de chasseurs de privilèges est à l’origine de toutes les dérives politiques et militaires que le pays a connues durant les années de plomb. L’Etat d’exception se poursuivit même dans la courte parenthèse pseudo démocratique qui a précédé la chute du dictateur.
C’est la déliquescence à tous les niveaux. La déchirure sociale entama la cohabitation inter –ethnique, accentua les nationalismes et sema la zizanie entre les citoyens. Le multipartisme instauré après le sommet de la Baule n’a pas été le détonateur de l’alternance politique car les élections n’ont jamais été tenues pour demander le suffrage des électeurs mais pour les besoins de consommation extérieure. Le mensonge d’Etat, le népotisme, la gabegie sont érigés en système de gouvernance. Les mêmes hommes occupaient le sérail politico administratif. Le pays est livré au pillage, au trafic de la drogue, à la falsification de faux billets de banques.
L’opposition est diabolisée, les leaders politiques embastillés. Aujourd’hui, l’ancien dictateur est parti mais il a légué son système à tout régime qui s’installe aux commandes. Ceux-là qui ont débarrassé le pays du long pouvoir de Taya sont en train de renouer avec ses pratiques. La Mauritanie est devenu ingouvernable. La démocratie ne relève plus de la volonté du peuple puisque le peuple a voté il y a deux ans mais son choix a été remis en cause par ceux qui maintenant veulent rester au pouvoir. Et rien ne dit que si demain une nouvelle classe vient aux commandes, elle ferait mieux.
CTD
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