L’annonce du GTUN attendue aujourd’hui

Après les interminables tiraillements et démonstrations de force, de part et d’autre du pouvoir renversé et du régime qui l’a déposé, au terme du coup d’Etat du 6 août dernier, le président démocratiquement élu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, a consenti hier de nouveaux et importants sacrifices, en acceptant de démissionner et de signer aujourd’hui le décret proclamant le GTUN. L’événement est d’une très grande portée, étant donné la présence remarquable attendue du président sénégalais Me Wade et des médiateurs du Groupe International de Contact, à ce cérémonial protocolaire qui devra se dérouler au palais international des conférences de Nouakchott.
 
Cette décision très sage est tombée hier. Elle  vient à point nommé devant l’insistance du camp au pouvoir de maintenir le HCE à la tête du pays, ce qui aura, sans doute, un impact sur la non neutralité de ce puissant appareil militaire sur le déroulement des élections présidentielles du 18 juillet prochain.
 
Lors d’une manifestation de soutien organisée par des ressortissants de l’Adrar pour annoncer leur soutien à Ould Abdel Aziz, celui-ci a déclaré dans un mot adressé à cette occasion, que le HCE ne sera pas dissout et que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’aura pas accès au palais présidentiel.
 
Mais, les gros sacrifices, c’est désormais devenu, une règle capitale pour s’imposer, pour avancer, pour ne peut tuer l’espoir, surtout pour le camp du président Sidioca, qui vient de bénir la  candidature du président de l’Assemblée Nationale, M. Messaoud Ould Boulkheir, pour briguer le suffrage des électeurs, au nom de l’ex-coalition anti-putsch, à l’élection présidentielle du 18 juillet prochain.
 
Tous les partis du Fndd, hormis Tawassoul, qui a fait bon, alignant Jemil Mansour dans cette difficile course  à la magistrature suprême, ont apporté leur soutien au grand orateur, qui électrise les foules par la sincérité de ses discours et de ses convictions : Ufp, Unad, Adil, centrales syndicales, société civile, Ong des droits de l’homme.
 
Il y a donc un lien capital entre ces deux faits concomitants que constituent la démission non conditionnée de Sidioca et la candidature unique de Messaoud. En effet, cette investiture ne serait point étrangère aux nouvelles dispositions du président Sidioca de démissionner et de renoncer à des revendications protocolaires, auxquelles, il a tenu fermement depuis la signature de l’ACD, jusque dimanche dernier.
 
Sidioca montre désormais qu’il ne reculera devant aucun sacrifice pour assurer le plébiscite du Fndd, qui serait incontestablement, s’il se réalise, une grande revanche de Sidi sur Ould Abdel Aziz. Il ne faut donc pas hésiter quand il s’agit de laver l’affront et de se voir restituer une dignité "posthume".
 
Ceci est d’autant plus vrai si l’on sait que, si Messaoud deviendra président de la République, Sidioca pourra être réhabilité et satisfait dans ses doléances légitimes jusque là restées sans suite, dont celle d’avoir droit à une sortie honorable par la grande porte, après tant d’humiliations.
Messaoud élu président organisera à son honneur tous les honneurs dignes qui permettent de corriger les erreurs de ses prédécesseurs, commises à l’endroit de la légitimité.
 
Messaoud Ould Boulkheir, c’est aussi l’espoir de centaines de milliers d’opprimés, de harratines, de négromauritaniens. Il bénéficiera sans aucun doute du soutien des centrales syndicales, des Ong de défense des Droits de l’Homme, de la société civile, mais surtout du soutien des pays très engagés dans le respect de la démocratie, à l’instar des Etats-Unis, qui n’hésiteront pas à veiller à l’équilibre des forces politiques sous l’effet de facteurs exogènes, en jouant parallèlement et de loin le jeu, auxquels s’adonnent en catimini Kadhafi, Nicolas Sarkozy et dans une moindre mesure Mahmoud Ahmadinejad
 
Mohamed Ould Mohamed Lemine


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