Le SIPES exige la révision de la clé de répartition


Comme il fallait s’y attendre, les taux correspondant aux indemnités de transport de la frange des fonctionnaires et agents  de l’état  classée dans  la rubrique très généralisante des « autres »,  entendez par là tous ceux qui ne dépassent pas  la fourchette située entre  3000 et 5000 Um ont suscité des réactions dans certains secteurs  très sensibles de la fonction publique. Les plus spontanées sont venues des enseignants.
Dans certains établissements de Nouakchott,  des professeurs ont observé deux heures d’arrêt de cours en guise de protestation contre  un arrêté  « arbitraire et méprisant » appliqué  à la grande majorité des travailleurs de l’état constitués à plus de 50 % d’enseignants et de personnel médical . Cette exaspération a aussi gagné d’autres milieux victimes de cette mauvaise rétribution de la cagnotte prévue pour améliorer les conditions de vie des fonctionnaires et agents de l’état. Dès la lecture du contenu de l’arrêté dont le texte officieux s’est répandu comme une traînée de poudre, des syndicats se sont mobilisés pour faire entendre leurs voix. C’est ainsi que les syndicats de l’enseignement comme le SIIPES, le SNES ont réuni chacun son  bureau exécutif  pour étudier la conduite à tenir face à une nouvelle  ressentie par les enseignants comme un poignard dans le dos.
L’incitation à la grève fusait partout dans les moindres petits regroupements informels  qui se formaient dans les écoles. Pour éviter des débordements prématurées avant l’entrée en vigueur de cet arrêté, les syndicat jouent à l’apaisement en mettant en avant le dialogue comme la voie la plus responsable pour trouver au plus vite des solutions idoines .. Le SIPES a dans ce cadre rendu public un communiqué dans lequel il invite les autorités à procéder à une révision de la clé de répartition équitable des indemnités de transport et de logement suivant des modalités plus objectives. L’idée d’aller en grève plane sur un secteur habitué à des débrayages récurrents ces dernières années et que la moindre occasion peut provoquer. Au lieu de prendre à chaque fois des décisions qui requièrent  une collaboration avec les enseignants, les soignants, les pouvoirs publics mettent à l’écart ceux qui ont un avis important à formuler confiant la tâche à des commissions loin des réalités de ces corps . La situation de dégradation des conditions de vie de ces deux secteurs n’est un secret ni pour l’état, ni pour la société. A défaut d’être plus sensibles aux problèmes du personnel enseignant et soignant, il est au moins judicieux de ne pas léser ces fonctionnaires quand il s’agit de mesures correctives et incitatives.

Le réveil  syndical a sonné

Le secteur éducatif compte quelques syndicats qui regroupent en leur sein des militants de toutes les sensibilités politiques. Les structures syndicales  ont souffert de  divisons politiques dont la résurgence est un facteur de blocage des actions menées. Mais de plus en plus les enseignants mettent de côté les considérations autres que celles qui portent sur les problèmes du corps enseignant. Deux regroupements mobilisent facilement les enseignants notamment secondaires  qui en sont les membres   : le SIPES qui est le syndicat le plus ancien et le plus connu sur le terrain de la contestation suivi du SNES. En dépit des divergences mais aussi des manipulations politiques, les enseignants tentent de plus en plus de dépasser les querelles personnelles pour s’atteler à l’amélioration de leurs conditions de survie et de travail. Après plusieurs mois d’hibernation, le réveil syndical semble maintenant avoir sonné avec cet arrêté portant sur les indemnités de transport et de logement, objet d’une grogne dans les milieux éducatifs notamment. 

 

SIPES : Déclaration.

 

Le corps professoral à l’instar de beaucoup d’autres fonctionnaires avait nourri un certain espoir à la suite du discours du chef de l’état à l’occasion de la fête d’indépendance nationale, relatif à l’allocation par l’Etat, d’indemnités substantielles de logement et de transport afin d’améliorer les conditions de vie des dits fonctionnaires.

 

Cet espoir s’était renforcé après l’entrevue que Mr le président avait accordé au bureau exécutif du SIPES. Pourtant, c’est avec surprise que les professeurs ont pris connaissance du contenu de l’arrêté conjoint fixant les modalités d’attribution de ces indemnités ayant suscité une déception immense.

 

La réaction immédiate du syndicat ne s’est pas fait attendre. Suite à l’annonce de cet arrêté, le Secrétaire général du SIPES a appelé le ministre de l’enseignement secondaire et lui a fait part de la frustration causée par cet arrêté.

 

 

 

Le mardi 19/01/10 le bureau exécutif a fait une déclaration dans laquelle, il prie solennellement le président de la république à donner des instructions dans le sens de la révision du contenu de cet arrêté au profit d’une plus grande équité, afin qu’également les dites indemnités soient réellement considérables. Le mercredi 20/01/10, le bureau exécutif a obtenu une audience avec le Ministre de l’enseignement secondaire pour lui faire part et à travers lui aux hautes autorités du pays de la lecture que les professeurs se font de cet arrêté, soulignant à cette occasion les points suivants :

 

- Le taux de 3000 à 5000 accordé aux enseignants est quasi insignifiant.

 

- L’arrêté consacre et accentue de fortes disparités de traitement entre les fonctionnaires de l’Etat

 

- Il souffre d’incohérences notoires par l’adoption de critères (indice- fonction) non pertinents et inadaptés à la nature de l’indemnité.

 

- Il sacrifie le principe d’équité fortement proclamé par les autorités et viole du coup l’esprit du projet de départ.

 

- Il cultive et renforce un sentiment de mépris et de manque de considération vis-à-vis des vrais acteurs du système éducatif.

 

En conséquence le bureau exécutif du SIPES a demandé au Ministre de transmettre à qui de droit le sentiment de frustration des professeurs et leur ferme détermination à traduire celle-ci en fait dans les prochains jours si aucune solution juste n’est trouvée d’ici là.

 

Tout comme il a fait transmettre une lettre au Premier ministre demandant une audience en vue de discuter en priorité de la nécessité de réviser cet arrêté. Le SIPES reste par ailleurs disposé à tout dialogue sérieux et constructif allant dans le sens de l’apaisement du climat social.

 

Le Bureau exécutif



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