La loupe du Rénovateur : Au général d’armée et président du HCE

Voici un mois et demi que vous êtes à la tête d’un HCE où vous exercez par la force du destin et par les aléas de la politique la haute fonction de chef de l’Etat. Sans revenir sur toutes les péripéties ayant favorisé votre venue au pouvoir, je voudrais modestement en mon humble qualité d’observateur de la scène politique vous rappeler des choses que vous n’ignorez certainement pas mais qui non prises avec sérieux risquent de compromettre à jamais le présent et l’avenir de la Mauritanie.

La première chose se rapporte directement à la responsabilité Ô combien lourde que vous portez sur les épaules à la suite de l’éviction d’un pouvoir élu démocratiquement et qui est une émanation directe de la volonté du peuple.

Aujourd’hui les conséquences d’une telle confiscation de l’exécutif commencent à produire leurs premiers effets pervers à savoir un début d’isolement diplomatique de la Mauritanie, la recrudescence du phénomène terroriste pour ne citer que ces deux exemples gravissimes.
 

Face à une telle réalité devrions-nous faire marquer tant soi peu un temps de réflexion et nous demander où allons-nous et de quels moyens nous disposons pour éviter de tomber dans l’abîme.

 

Excellence président du HCE et honorable général, la Mauritanie a pendant plusieurs décennies souffert de l’inconscience de ses dirigeants, de l’inconséquence de ses hommes politiques et de la légèreté de son élite.

Les différents régimes militaires qui se sont succédés ont profondément affecté l’évolution politique du pays, pillant son économie, déchiquetant son unité nationale, banalisant son armée.

En 20 ans de pouvoir sans partage et d’un refus d’attenance politique les Mauritaniens pensaient enfin et définitivement sortir du long régime d’exception de ould Taya.

En 2007 la Mauritanie fut gratifiée, grâce aux soins du CMJD dont son excellence vous en étiez le pivot, d’un pouvoir véritablement démocratique. Le rêve allait hélas être de courte durée. Peut-on faire avancer une démocratie qui venait à peine d’être née par un coup d’Etat militaire en bonne et due forme ? Non !

Aucun démocrate, aucun citoyen honnête, aucun bon patriote ne saurait cautionner cette absurdité. La Mauritanie ne devait pas pâtir d’un conflit entre le président déchu et ses généraux. Malheureusement c’est le peuple qui demeure le grand perdant dans cette bataille au sommet.

Honorable général, les vertus militaires que vous incarnez doivent vous pousser à méprises les délices du pouvoir à la place desquels vous auriez préféré le commandement militaire. Les tentations de la politique sont dangereuses pour un miliaire au sommet de sa gloire. Le séjour d’un Général à la présidence de la République ne saurait le transformer en homme politique.

Le moment est grave. Le temps est venu pour que la raison prime sur toute autre considération.

 

Excellence, président du

HCE

, tous ceux qui vous font les beaux yeux aujourd’hui, l’ont déjà fait hier à vos prédécesseurs. Par ces temps qui courent, vous êtes le plus sollicité. Ce n’est pas votre personne qui est recherchée par vos laudateurs, c’est votre nouveau statut de président du

HCE

. Vos thuriféraires sont de redoutables caméléons changeant au gré de la nature. Tous les pouvoirs en

Mauritanie

passent sauf le pouvoir de changer.

 

Excellence et Honorable Général, vous avez une porte de sortie digne par où passer : ramener l’ordre constitutionnel et ouvrir un dialogue politique avec les acteurs de la scène politique pour la tenue d’élections présidentielles anticipées. Cela suppose la libération du président légitime

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi

et l’entame d’une voie de sortie de crise avec lui.


CTD

 



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