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Célébrer un événement mondial donne toujours l’occasion de s’inscrire dans un mouvement d’ensemble et de partager avec les autres des valeurs universelles. Dans ce cadre, la journée internationale de la presse revêt une importance capitale et mérite d’être replacée dans sa dimension réelle. D’abord parce que les médias sont le vecteur de tout progrès et les journalistes les hommes de veille des institutions.
Ces chevaliers de la plume savent plus que tout autre faire le point de leurs parcours, dresser un bilan et poser des perspectives. Dire qu’en Mauritanie la presse traverse des difficultés de tous ordres notamment financiers, c’est mettre le doigt sur le nombril. La presse nationale en général, indépendante en particulier fait face à de multiples défis qui nécessitent le soutien de tous les acteurs politiques, étatiques, non gouvernementaux et toutes les bonnes volontés qui savent mesurer les difficultés liées à la mission des médias.
Il serait à propos de rappeler le dur combat mené par les médias indépendants mauritaniens dans l’ancrage de la culture démocratique dans un pays où la liberté de la presse est encore un idéal pour ne pas dire une utopie. En des moments particulièrement douloureux de l’évolution politique de la Mauritanie, des journalistes ont pris leurs responsabilités en dénonçant à leurs risques et périls les abus commis par les différents régimes, en critiquant les mauvaises pratiques et en prônant l’unité dans la diversité nationale.
En pleine période de dictature politique comme en période de changements anticonstitutionnels, et de crises post-électorales comme c’est le cas aujourd’hui, les médias indépendants se sont faits le devoir de rétablir l’ordre et de tempérer les antagonismes. Force est de reconnaître à cette presse sans moyens et constamment vouée aux gémonies le travail remarquable qu’elle a fait durant le coup d’état du mois d’août 2008.
Grâce à sa clairvoyance et à son sens de la mesure, elle a invité les acteurs politiques à dépasser leurs divergences les invitant à mettre les intérêts de la Mauritanie au-dessus de tout. Ces appels ont été entendus et ont permis de trouver une solution de sortie de crise sous les bons auspices du Sénégal. Il y a lieu de rendre un vibrant hommage à tous ces braves journalistes qui ont joué un rôle déterminent dans l’atténuation des turbulences démocratiques.
Dans un pays aussi fragile que la Mauritanie où les coups d’état font partie d’une longue tradition héritée des régimes d’exception, la présence des médias indépendants est indispensable pour pallier aux instabilités politiques. Le chemin parcouru par la presse privée est long et parsemé d’embûches.
Beaucoup de journaux qui ont posé les jalons d’une presse crédible et respectée ont mis la clé sous le paillasson à cause des pressions politiques. L’un des pionniers de ce combat s’appelait Mauritanie –nouvelles, dirigé alors par notre confrère Bah Ould Salek. Il faudrait reconnaître à César ce qui appartient à César. Nous n’oublierons pas le grand combattant de la liberté, le regretté Habib Ould Mahfoudh.
D’autres illustres confrères disparus et qui ont laissé derrière eux de bons souvenirs doivent aussi être réhabilités à travers des symboles et leurs noms cités à chaque événement marquant comme c’est le cas aujourd’hui avec cette journée internationale de la presse. A l’heure de la libéralisation des ondes, les médias publics et privés ont besoin plus que jamais d’accompagner ce processus en mettant leurs expériences et leur professionnalisme au service de la liberté et du droit à l’information objective. Dans un monde qui se globalise il n’est plus possible de vivre seul enfermé dans ses illusions.
Cheikh Tidiane Dia








