Les réparations auront-elles raison sur la vérité ?

 La démarche adoptée souffre de plusieurs imperfections qui, si elles avaient été corrigées pourraient rendre la "prescription médicale" du Général plus consommable pour la majorité de tous ceux qui ; des années durant, œuvrent inlassablement à la recherche d’une solution juste et définitive. Pour beaucoup d’organisations et d’associations, toute solution doit passer par un consensus faisant  l’objet d’un débat franc et constructif. Or, ce qui compte en premier lieu c’est le devoir de mémoire, le devoir de vérité, celui de la justice qui passe  nécessairement avant les réparations matérielles. Mais le simple discours à lui seul, ne saurait apurer des blessures qui ont du mal à se cicatriser. La rapidité avec laquelle les nouvelles autorités ont voulu solder le passif humanitaire a fait grincer les dents à tous ceux qui mettent en avant la dimension juridique. A ce niveau, il ne s’agit pas d’engager une chasse aux sorcières, ni de  couper des têtes mais de lever le tabou en mettent la  lumière sur les faits commis pour savoir qui a fait quoi, quand ; comment et pourquoi ? Une fois que tout ce travail opéré, les victimes et les ayants droit, peuvent se prononcer sur le pardon. Cette propension au pardon et au dépassement était partagée par beaucoup de familles endeuillées. Or, dans son discours, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, s’est contenté plus d’exprimer son regret, son affliction sans dire comment, il entend résoudre ce dossier qui porte sur des centaines de morts, de disparitions, de viols de spoliations. En aucun moment de son discours, il n’a imputé la responsabilité des drames à un auteur ou un système clairement désigné, comme si cela était moins grave que les crimes perpétrés dans le pays par des individus, que rien n’inquiète et à qui, il est demandé aux victimes de pardonner les crimes. Entre le bourreau et sa victime qui doit pardonner ? C’est une règle évidente de bon sens. Un autre paradoxe et non des moindres, c’est de taxer tout ceux qui réclament la justice d’extrémistes, d’ennemis de la réconciliation nationale, comme si c’est un crime que d’évoquer le droit.  En aucun moment aussi, le discours de la réconciliation n’a présenté au peuple mauritanien et aux victimes en particulier, les excuses de l’Etat, comme si l’Etat mauritanien, ne veut pas assumer les actes commis dans cette période. Tout ce prétendu règlement- tient donc à un tableau en trois actes : un rapport de mission dans la vallée, un avis de quelques Imams et un discours dit de réconciliation nationale.  Les souffrances endurées par les victimes des drames ont besoin d’être soulagées moralement avant de l’être matériellement. Même à ce niveau, un grand flou entoure les indemnisations et le nombre de personnes concernées. Aussi les listes concoctées par ceux qui en avaient la charge, ne sont pas  accessibles pour établir des comparaisons entre celles dont disposent les organisations de droit de l’homme. Ce règlement du passif humanitaire vu par ses promoteurs, doit être revu et corrigé pour que cette page soit définitivement tournée. 

CTD



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