
Les visites surprises du président Mohamed Ould Abdel Aziz se poursuivent suivant un rythme dont il est le seul à en détenir le secret. Hier, et pour la deuxième fois en moins d’une année, Mohamed Ould Abdel Aziz était dans les locaux de l’hôpital oncologique de Nouakchott, construit par Israël et dont l’achèvement des travaux a coïncidé avec la suspension des relations diplomatiques avec l’Etat Hébreu. Symbole de la coopération économique entre la Mauritanie et Israël, cette infrastructure sanitaire se dresse en plein centre ville. C’est sans doute le financement le plus important que l’Etat hébreu a consenti à la Mauritanie durant sa présence dans notre pays et qui n’a souffert pourtant d’aucune contestation même au temps fort des manifestations hostiles à Israël. Comme quoi l’argent de la coopération avec l’ennemi n’a pas d’odeur. En visitant cet hôpital édifié par l’argent Israélien, Mohamed Ould Abdel Aziz semble –t-il regarder moins le symbole que l’utilité publique de ce centre spécialisé dans le traitement du cancer et dont le rôle dans la prise en charge des pathologies mortelles est incommensurable pour un pays qui souffre de moyens appropriés pour ces genres de maladies. S’agissait-il donc d’une visite destinée à constater le mode de fonctionnement de cet hôpital ou tout simplement une descente revêtu d’un cachet de contrôle inopiné à l’endroit des employés de l’Etat comme cela a été fait ailleurs. En ce mois bénis de ramadan où les services publics sont au ralenti, de telles visites risquent de faire tomber des têtes. Le limogeage du directeur de ce centre avait eu lieu lors d’une première visite du genre effectuée par Aziz. De telles missions qui devaient améliorer les performances des services sanitaires n’ont pas changé la situation catastrophique qui règne dans le secteur sanitaire national. A quoi bon de donner des instructions quand sur le terrain les choses restent inchangées ? L’image que les autorités de tutelle présentent de l’état de nos hôpitaux est loin de correspondre à la réalité. Il est nécessaire de changer de méthode au lieu de continuer à exploiter les moindres gestes d’un président à des fins de propagande politique. L’efficacité de l’action d’un pouvoir ne se mesure pas l’aune de telles démonstrations mais plutôt sur le terrain des résultats. Les mauritaniens sont las d’entendre parler de changement alors que rien n’a bougé dans les styles politiques. La Mauritanie est un pays où on ne cesse de rééditer les mêmes expériences aboutissant aux mêmes résultats. Les consignes doivent plus être adressées au gouvernement pour qu’il mette en œuvre le programme tracé. L’image d’un président omnipotent c’est de la pure illusion.








